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« Je me suis retrouvé comme un zombie » : attention aux nouveaux CBD « qui défoncent » !

Présentés comme une inoffensive alternative au cannabis, de nouveaux produits à base de CBD pourraient engendrer une forte dépendance. Des consommateurs alertent sur les réseaux sociaux et un médecin met en garde contre ces produits.

Par Véronique Hunsinger 

Un sevrage comme une « descente aux enfers »

Témoignage :

« Après avoir acheté le fameux produit dans des petits magasins de CBD  qu’il trouve sur son chemin, rien ne se passe comme prévu. « Après un mois à fumer de cette herbe, je me suis rendu compte que j’étais devenu très vite complètement accro, beaucoup plus qu’avec le cannabis, poursuit-il. Je me suis pris des claques, à me retrouver comme un zombie avec, malgré ça, l’envie d’y revenir tout le temps. »

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Les CBD qui défoncent, avec des molécules qu’on ne connaît pas ». Car contrairement aux produits classiques issus de plantes, ces CBD dits semi-synthétiques sont modifiés chimiquement.

« Tous n’ont pas exactement la même structure chimique, mais ils partagent l’objectif de mimer ou d’amplifier les effets du THC, la substance psychoactive du cannabis », éclaire le professeur Laurent Karila, addictologue à l’Hôpital Paul Brousse (AP-HP) de Villejuif (Val-de-Marne).

« Un jeu du chat et de la souris »

« Le HHC est le premier cannabinoïde semi-synthétique largement diffusé en Europe, poursuit le médecin. Ses effets sont proches de ceux du THC, avec une euphorie, une altération des réflexes et des capacités cognitives. » Après lui, tout une ribambelle d’autres molécules sont apparues dans les boutiques : le HHCPO, un dérivé du HHC présenté commercialement comme plus puissant, puis beaucoup plus récemment, les THCJD et THXE.

Des produits sont interdits au fur et à mesure mais, régulièrement, de nouveaux apparaissent. « C’est un véritable jeu du chat et de la souris, avec des consommateurs cobayes », déplore Laurent Karila. Car à chaque fois, les connaissances scientifiques sont extrêmement limitées. « Leur pharmacologie, leur métabolisme, leur toxicité à court et à long termes et leur potentiel addictif restent largement inconnus, souligne le spécialiste. Leur diffusion commerciale précède très largement l’acquisition de données scientifiques solides. »

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